...Où il est question de fleuves, de paysages maritimes et portuaires urbains, d'évocations géographiques...

La peinture de Paula Liberato invite au voyage, décrit la solitude et la nostalgie à travers les grands espaces. Les paysages fortement éclairés retenus "ailleurs" obligent le regard à se recueillir dans une intériorité sereine imprégnée de sensations.

Les "scènes" représentées sont des fragments de paysages retenus comme une respiration - le temps de la mémorisation interne. Ce thème est traité matériellement par les moyens offerts par la peinture pour créer une autre nature tactile, réelle, douloureuse, presque satinée - celle des espaces intérieurs exaltés, au retour du voyage, sur la toile vierge.

"En même temps, il ne s'agit pas d'un espace "naturel": c'est plutôt une sorte de fleuraison urbaine, contemporaine et cosmopolite que les yeux boivent dans une avidité de néon. L'accumulation a ainsi une cohérence qui nous force à limiter les hypothèses du choix des sens ou des objets. L'option choisie qui ne résulte pas d'un regard innocent du monde, prend son parti du côté des choses, implique une intelligence diversifiée du monde. On pourrait dire qu'entre Alvaro de Campos et Alberto Caeiro c'est l'esprit du premier qui la traverse : celui qui a connu la ville dans sa dimension nocturne et qui a su la transposer au delà de la conscience fermée de l'individu".

Nuno Judice in catalogue "Circum-navigating", Macao 2000

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